tete_1-    Romain, dépêche-toi, tu vas rater le car !
    C'est le car qui m'emmène à l'école. Aujourd'hui, une voiture, un break bleu marine, a failli l'emboutir. On a tous bien ri quand le chauffeur, furieux, a dit plein de gros mots !
    Florent monte deux arrêts plus loin. C?est mon meilleur copain. Il s'assoit à coté de moi. Pendant le trajet, on discute et on rigole. Aujourd'hui, il parle de Cécile dont il est amoureux. Mais, Cécile amoureuse de Florent, l'est aussi de Thierry... En ce moment, Thierry, très jaloux, demande à Cécile de choisir entre eux deux. Florent, lui, s'en fiche un peu. Plus tard, c?est sûr, il rencontrera une autre fille qui sera la « femme de sa vie ». Pourtant, il n'a pas envie d'être célibataire et Cécile est la plus jolie de l'école avec ses nattes ramenées en macaron au-dessus de ses oreilles et ses pommettes rondes parsemées de taches de son.
    Moi, je n'ai pas d'amoureuse : avec les filles, je suis trop timide...
    Nous arrivons à l'école.
    Le samedi est le jour des exposés et de la rédaction de notre journal : « les derniers échos de l'école ». On en fabrique un par trimestre. Florent et moi sommes responsables de la rubrique gastronomique. On le vend et avec l'argent, on organise une sortie et un énorme goûter.
    En fin de matinée, la maîtresse, passionnée d'astronomie, nous livre les secrets du ciel. Elle parle fusées, conquêtes spatiales, espaces inconnus et inexplorés où tout reste à faire... C'est géant et encore plus étonnant que les romans de science-fiction.
    La cloche de midi nous sort la tête des nuages...
    Arrivé chez moi, je constate avec plaisir que la table est déjà mise...
    -    Hum, j'ai faim !
    -    Vous savez ce qui m'est arrivé tout à l'heure, demande ma mère ? Pendant que je courais à l'orée du bois, une voiture en est sortie à toute vitesse. tu sais Romain, celle qui a failli percuter le car ce matin. D'habitude, ici, les conducteurs roulent doucement. J'ai cru qu'ils allaient me renverser alors j'ai plongé dans les tournesols. Dans la voiture, ils étaient quatre. Je ne les avais jamais vus avant. Ils sont partis sans s'excuser ni regarder si j'allais bien.
    -    Je t'ai déjà dit cent fois de ne pas courir par là ! C'est trop isolé ! s'écrie mon père.
    -    Oui, mais je cours vite et puis j'aime bien ce chemin ; je fais la course avec les lapins.
    -    Ha oui et si tu te blesses en tombant et que tu n'arrives pas à te relever tu seras bien avancée !
    Ma mère envoie des bisous à mon père :
    -    Mais toi, si tu ne me vois pas revenir, tu seras mort d'inquiétude et tu viendras me secourir avec tes grands bras musclés !
    Papa rit, faisant jouer ses biscoteaux.
    -    Je pense qu'ils allaient voler du bois coupé et qu?ils se sont fait surprendre par les bûcherons, ça expliquerait leur empressement. Une chose est sûre, ils ne sont pas du coin.