1_MHAujourd’hui, je suis de très mauvaise humeur.            
C’est une journée poubelle, j'ai lu cette expression dans un livre pour enfants « journée poubelle pour Gaëlle »1, il y a de cela quelques années... et parfois c’est exactement ça que je ressens.
    Rien ne va : je me suis réveillé avec l’impression qu’un hérisson s’est installé au fond de ma gorge tellement j’ai mal... ensuite, panne de lait pour mon bol de chocolat, là, ma mauvaise humeur s’est muée en rage... et pour couronner le tout, Internet se détraque alors que je dois présenter un exposé demain ! je sais, je m’y prends au dernier moment ; mais avant, j’avais plein de choses plus intéressantes à faire. Parce que franchement, faut voir le sujet de l’exposé : Monet, peintre impressionniste. et sans Internet, pas d’exposé. La prof d'arts Plastiques n’est pas commode, en plus elle m’a à l’œil parce que je suis bavard alors ça va barder si je ne rends pas mon devoir en temps et en heure !
    J’appelle ma mère à son travail :
    - Dans la bibliothèque, il y a un livre sur les impressionnistes. Si ça ne te suffit pas, prends le train et va au musée des beaux-arts. Avec ton sourire, tu arriveras à convaincre quelqu’un là-bas de te raconter la vie et l’œuvre de Monet !
    Le musée des Beaux-Arts... Pff ! Pas pratique : il faut aller à vélo jusqu’à la gare, prendre le train (surtout ne pas le rater : le prochain est à 17 heures ! ) et marcher jusqu’au musée... ça fait bien une trotte d’un kilomètre !
    Non, j’ai une meilleure idée, je file chez Florent : il a Internet.
    Quel traînard, à 11 heures du matin, il dort encore !
    Heureusement, Bertrand, son père me réconcilie avec la vie en me préparant un bon chocolat chaud, avant d’aller le réveiller.
    Florent émerge péniblement, les cheveux en pétard et le baillement accroché au coin des lèvres. en me voyant, il me sourit et se laisse tomber lourdement sur une chaise.
    - Ben, tu sais bien que mon ordinateur est en réparation ! me dit-il avec un geste d’excuse de la main.
    Qu’est-ce que je disais, une vraie journée poubelle !
    Le père de Florent propose de nous conduire jusqu’à Villeneuve, au musée, puis nous rentrerons par le train. Il nous attendra à la gare. 
    Nous voilà partis. Le ciel maussade laisse filtrer quelques rayons de soleil, s’accordant à mon humeur.
    Je crois avoir compris qu’à l’école, Bertrand était un vrai cancre et je pense qu’il a pitié de moi. Il nous dépose devant la porte du musée. Cool !