Après une petite pause... nous voilà de retour !

Durant cette année 2012, il s'est passé :

un atelier d'écriture - école des Montoires de Gien : pour préparer ma venue dans la classe CE2/CM1 de Carole, avec les élèves nous avons échangé des mails pour écrire une histoire policière. Les élèves m'ont donné des mots à utiliser et un thème. J'ai commencé l'histoire, je leur ai envoyé, ils ont écrit la suite, me l'ont envoyé, ainsi de suite... jusqu'à la fin que j'ai écrite.

Le mystère des cartables disparus

1
Tom et Juliette rentrent de l’école en courant tout essouflés. Habituellement, Tom, qui joue quelques minutes avec le chien dans
le jardin, passe devant lui sans une carresse.

- Maman ! Maman !
La mère des deux jumeaux arrive et, devant leurs mines défaites, s’inquiète :
- Qu’est-ce qui se passe ? Et où sont vos cartables ?
- C’est ça ! Justement !
Tom s’écroule sur la chaise de la cuisine, la tête entre les mains. Juliette fait les cent pas en expliquant :

- Justement ! On ne sait pas !
- Expliquez-vous, leur demande Carole ! Vos deux cartables ont disparu ?
- Ben non ! réplique Tom. C’est pire !
- Tous les cartables de la classe se sont envolés !
- Quoi ? Tous les cartables ! s’étonne Carole.
- Oui ! Après la récréation de midi, on est rentré en classe pour chanter...
- Tu sais, Maman, pour le spectacle de fin d’année en juin, complète Juliette.
Sa mère acquièsce tandis que Bethoveen réclame sa caresse en posant sa tête sur la jambe de Tom.

- Ha ha ha ! Vous me faites une blague ! s’exclame Carole.
- Non ! gémit Tom.
- Et que dit le maître ?
- Il pense qu’hier toute la classe a mis ça au point quand il nous a annoncé que pendant les vacances au lieu de battre la campagne aux premiers beaux jours, il nous faudra travailler pour la série de contrôles programmés après les vacances.
- Il prétend qu’on a caché nos cartables exprès, pour lui faire croire qu’on ne pourrait pas travailler !
- Et ce n’est pas vrai ?
- Ben non ! C’est vrai, on a protesté quand il nous a annoncé les contrôles ! Après il nous a expliqué que ces évaluations étaient réclamées par le ministère, qu’il n’avait pas le choix. Alors on a compris !
- En plus, y en a qui ne seraient pas d’accord ! Par exemple Gabriel ! Il nous aurait même dénoncé !
- On ne sait pas qui a volé nos cartables ! Tu nous crois, toi, Maman ?
Carole hoche la tête. Elle réfléchit. C’est vrai Gabriel n’accepterait jamais de participer à cette farce, Louise non plus ni Élodie ni Amine...
Alors que s’est-il passé à l’école aujourd’hui  ?

un atelier d'écriture avec 4 classes de cinquième au collège Saint-Paul Bourdon Blanc à Orléans, il fallait écrire des romans policers à des époques différentes :
     • Apprentis enquêteurs (le héros est Jean-Baptiste Poquelin, avant qu'il devienne Molière);
     • L’incroyable aventure d’Adèle (le thème : les pirates) ;
     • Souvenirs d’enfance (Marco Polo et un vol de bijoux);
     • Le secret du pilier (les tournois de chevaliers).

"Sous l’impulsion de Fabienne Denis, documentaliste au Centre de Documentation et d’Information, l’écriture de romans policiers
historiques a été proposé aux enseignantes de français, mesdames Le Falher et Rameau pour les classes de cinquième du collège Saint-Paul Bourdon Blanc.
Les thèmes des romans sont en lien avec les programmes et les séquences étudiées cette année."

apprentis_enqu_teurswebApprentis enquêteurs   

Cette histoire se passe au 17e siècle, plus précisément en 1639. Le départ approche, Jean-Baptiste est un peu inquiet en attendant le carrosse à cinq sols près de la maison familiale. Toute la famille est autour de lui pour lui souhaiter bon voyage et une bonne année. Son père, fier de lui, lui dit :
« Aujourd’hui mon fils, c’est le grand jour, tu seras notre fierté après tes études.
Jean-Baptiste, ému, lui répond :
- Merci père, je vous écrirais pour vous faire partager mes impressions, vous allez me manquer et ma belle-mère aussi.

Chapitre 1          Le voyage
Voyant arriver le carrosse, Jean-Baptiste serre la main de son père, embrasse les siens et monte. Ce carrosse va l’amener ainsi que cinq autres personnes à Orléans. Là, il va commencer des études de droit. Il s’installe à une place près de la fenêtre, à côté d’une demoiselle avec qui il parle un peu ; celle-ci est brune avec des reflets roux, elle porte une belle robe blanche très élégante. Jean-Baptiste comme tous les jeunes hommes de son époque, a le visage encadré par de longs cheveux bouclés marron foncé. Son visage est entouré d’une petite barbe noire naissante. Il porte un chapeau sombre en soie avec des plumes. Il a des chaussures à talons. Ses jambes sont couvertes de bas blancs en soie. Il est vêtu d’une chemise blanche à jabot et à col large sur un pantalon court resserré au dessus du mollet par un ruban noué.
Il raconte à la jeune fille qu’il a terminé ses études à l’important collège  jésuite de Clermont dans la ville de Paris et désire poursuivre des études de droit. Son choix s’est porté sur Orléans pour son université illustre qui a reçu de nombreux juristes connus, dont Calvin, Anne du Bourg et Théodore de Bèze.
Fatigué de la soirée précédente lors de laquelle il a fêté son départ, Jean-Baptiste s’endormit et quand il se réveilla, la demoiselle n’était plus là. Elle avait dû descendre lors du changement de chevaux à Étampes. Après quelques minutes, il voulut discuter avec
les passagers mais aucun ne lui répondit aussi il prit un livre et lu. Plus tard, la voiture fit encore une pause et repartit.

Un monsieur commença à lui parler.
-  Bonjour jeune homme, je crois que nous ne nous sommes pas présentés, je m’appelle Albert, je vais à Orléans pour mon travail.
-  Je suis Jean-Baptiste, je ne comprends pas monsieur pourquoi vous avez attendu tout ce temps pour me parler!
-  En fait jeune homme, je suis très inquiet de nature et je n’aime pas les trajets en voiture à cheval.
-  Mais pourquoi ?
-  Un jour nous avons été attaqués par des brigands et j’ai été blessé.
-  Je comprends mais cela n’arrive pas à chaque fois ! Vous avez de la famille à Orléans chez qui vous allez loger ?
-  Oui, j’ai ma fille, elle est mariée et va me loger et vous jeune homme ?
-  Je vais loger chez un de mes professeurs.
Ils continuèrent à discuter ensemble tout le long du chemin et même si le trajet était long (une journée !), ils ne s’aperçurent pas du temps qui passait, les autres passagers s’étaient détendus et la conversation allait bon train.


adele_webL’Incroyable Aventure d’Adèle

Nous sommes les descendants d’Adèle. Nous avons découvert dans une vieille malle, rangée au grenier, tout un ensemble d’objets, portraits et surtout, ses carnets intimes. Voici l’intégralité de son vingtième carnet sur lequel elle tient son journal.

« Cher journal, je vais continuer à te raconter tout ce que je ressens. J’ai eu dix-sept ans il y a peu, cela fait maintenant cinq ans que maman est morte. Nous sommes partis quelque temps après avec papa nous réfugier à Londres car il ne faisait pas bon être noble en France dès l’année 1789. Papa voyage beaucoup entre Londres et Saint-Domingue où il gère la  plantation héritée de la famille de maman.
Papa, tu me manques tant ! Six mois, c’est long ! Je comprends bien que tu aies dû partir si loin pour tes affaires. Si j’ai bien compris, tu fais du commerce avec plusieurs pays, j’espère que ce n’est pas du commerce triangulaire !
Ce qui me fait plaisir c’est que papa soit reparti pour Saint-Domingue, j’aime tant ce pays où nous allions souvent quand maman était vivante. Une grande partie de mes souvenirs viennent de ce pays et aussi de France.     
 
Le retour imprévu    
Cela fait six mois et dix jours que mon père est parti de Londres. Régulièrement,il m’envoie une lettre. Il me manque tant. Dans l’une d’elle, il m’écrit qu’il a une nouvelle très importante à m’annoncer et qu’il faut que je le rejoigne de toute urgence à Saint-Domingue. Je me demande vraiment ce qu’il veut absolument me dire. Ah si les distances étaient plus courtes ! Je lui enverrai bien pour le savoir mais cela ne vaut pas la peine, je vais donc faire ce qu’il me demande. J’ai questionné plusieurs fois Julie, ma chambrière, pour si elle savait quelque chose. À chaque fois, la même réponse :
-  Non Mademoiselle, je suis désolée, mais je ne possède aucune information.
Ce manque de réponses me démoralise totalement. Moi je suis bien à Londres, je n’ai pas envie de partir, toutes mes amies sont là. J’aimerai bien revoir Saint-Domingue mais pas maintenant. Pourquoi veut-il que je le rejoigne alors qu’il y a six mois il ne voulait pas que je le suive ?

marco_polo_webSouvenirs d’enfance

Un vent particulièrement froid soufflait sur la ville de Gênes, en ce mois de décembre 1297. Il glaçait les mendiants vêtus de guenilles mais aussi les bourgeois et les quelques passants qui s’étaient risqués dehors par ce froid où il valait mieux être chez soi devant un bon feu brûlant, bien emmitouflés de couvertures. Avec ce froid la prison de Gênes semblait encore plus lugubre que d’accoutumée et les pauvres prisonniers tentaient de se réchauffer en se serrant les uns contre les autres.

Dans l’une de ces cellules, croupissait le marchand vénitien Marco Polo et le dénommé Sieur Rustichello qui, pour faire passer le temps, racontait à son compagnon les derniers ragots qu’il avait entendu lors des dernières discussions des geôliers.
- Le petit Nino a encore fait courir une domestique ! racontait Rustichello.
- Qu’a donc fait ce gamin ? demandait Marco Polo.
- Comme à son habitude, il s’est rendu dans une demeure de riches commerçants et il s’est servi un bien beau repas ma foi ! 
- Ah ! Toujours aussi rusé ce petit chenapan !
- C’est bien vrai, reprit Rustichello, mais pense donc à la pauvre domestique Giuletta, qui a dû s’expliquer avec son maître ! Ça n’a pas dû être chose facile. Ce garçon m’inquiète, changera-t-il un jour ? Mais bon, cela ne nous regarde pas ! Revenons plutôt à nos affaires et au récit de tes aventures ! Dis-moi Marco, toi qui es fils de marchands, ton père n’a-t-il jamais eu de problèmes avec toutes les pierres précieuses qu’il a rapportées ?
- Laisse-moi réfléchir... Non je ne crois pas. Quoique... Maintenant que j’y repense, il y a eu une histoire de vol...mais oui ! Que je suis bête ! Je devais avoir l’âge du petit Nino, environ douze ou treize ans ! Mon père, ce brave homme, parti en voyage, avait été cambriolé à l’époque du carnaval de Venise !
- Que lui avait-on volé précisément ? demanda Rustichello dont le regard s’était soudainement illuminé face à la perspective d’une histoire intéressante.
- On lui avait volé des merveilles ! Des pierres précieuses rangées dans un petit coffre recouvert d’or pur !
- Des pierres précieuses, de l’or pur ! Oh j’imagine déjà tout ça ! s’exclama Rustichello dont le regard avide en disait long sur son désir et ses attentes.
- Si tu avais pu les voir, douze pierres précieuses, de vrais bijoux !
Rustichello était émerveillé, il buvait littéralement les paroles de Marco Polo, tant tout cela lui paraissait extraordinaire, mais pourtant un détail lui échappait.
- Quelles étaient ces pierres précieuses ? Des rubis ? Des diamants ?
- C’étaient de magnifiques émeraudes, si belles à voir qu’on aurait pu les contempler des heures durant !
- Par pitié pour ton pauvre Rustichello, raconte-moi ça !
- Tu sais ça n’a pas grand intérêt en comparaison avec mes fabuleux voyages auprès du Grand Khan mais si tu insistes on peut se permettre une petite distraction. Vu le mauvais temps j’ai effectivement pitié de toi, tu ne vas pas écrire aujourd’hui !
C’est alors que Marco entreprit ce singulier récit de jeunesse.

pilier_webLe Secret du Pilier

 Nous sommes en l’an 1202, c’est une  période de calme et de paix dans le royaume de France. Cela n’a pas toujours été le cas, le roi Philippe II de France, dit Philippe-Auguste dût partir en croisade en 1190. Avant son départ, il avait commencé à agrandir et améliorer la ville de Paris. À son retour, en 1192 cet essor a continué.  
Depuis qu’il est rentré des croisades, la paix règne sur le royaume de France et le roi désire organiser un tournoi pour célébrer les fiançailles de sa fille Marie avec Arthur, le jeune duc de Bretagne. IL désire inviter des ducs, comtes, princes et rois amis. Il leur propose de séjourner plusieurs jours en son palais de la Cité et de participer avec leurs chevaliers à un tournoi amical. En janvier 1201, il envoie des messagers à travers l’Europe. Chaque invitation est écrite sur un parchemin muni du sceau du roi. Ce sceau est rouge, il porte la silhouette du roi assis sur son trône qui tient son sceptre à la main et sa  devise fait tout le tour du sceau.

Chapitre 1
Mon nom est Justine Filatin, j’ai seize ans. J’habite Saint-Malo, duché de Bretagne. Je suis dame de chambre. J’ai des liens presque amicaux avec ma maitresse Élisabeth que je sers depuis plusieurs années, depuis mes treize ans. Elle est très gentille avec moi. Je prends beaucoup de plaisir à la servir. Les cousins des parents de mademoiselle Dubois étaient malades, ils tenaient une poissonnerie à Saint-Malo et ont du arrêter de la tenir. Les parents de mademoiselle Dubois sont partis de Bordeaux il y a un an pour tenir la poissonnerie en Bretagne et m’ont emmenée avec eux.
À Saint-Malo, ma jeune maitresse âgée de dix-neuf ans a rencontré Jean Baptiste Colbert qui est marin pêcheur, il est âgé de trente ans. Ils viennent de se marier et les parents de ma maitresse ont racheté la poissonnerie puis sont repartis pour Bordeaux et ont laissé la poissonnerie à leur fille comme dot.   
Je porte une jupe longue orange foncé, une blouse blanche à manches bouffantes et par dessus cette blouse, j’ai un corselet marron ; pour le travail je porte sur ma jupe un tablier beige et sur mes longs cheveux blonds un petit bonnet.
Mes cousins, les frères Cordier habitent à Paris, Meung sur Loire et Saint Malo. Ils sont mortelliers (maçons qui font les joints entre les pierres) et tailleurs de pierre. Je vais vous raconter ce qui leur est arrivé et à moi aussi par voie de conséquence.